Garder un chien de sa chienne à Choucroute

            Décembre a beau être loin, Roland Pleau n’attendra pas Noël pour s’offrir le cadeau auquel il rêve depuis déjà trop longtemps.  Dans la tête de ce petit homme banal de cinquante ans, au crâne ovoïde et aux lunettes à monture noire, un plan pour le moins tordu mijote.  Néanmoins, son allure, quelconque, ne risque pas de laisser transparaître ses intentions et de rendre songeur quiconque croiserait son chemin.  Le dos reste courbé et la tête inclinée vers le bas.  Probablement le résultat de vingt-cinq années à se pencher sur des chiffres, comme comptable dans une entreprise financière.  Les yeux ne regardent personne; ils fixent le trottoir.  Le pas, rapide et cadencé, s’exécute à grandes enjambées pendant que les bras soutiennent ce rythme en balançant vigoureusement de chaque côté.  Il sait ce qu’il a à faire, et il est follement décidé à le faire.  Il s’y est bien préparé en vivant maintes et maintes fois, en imagination, la scène qu’il s’apprête à inscrire dans la réalité.  Il s’est dit que cette scène allait clore, une fois pour toutes, le plus triste chapitre de sa vie.

            Tout a commencé à l’arrivée de Choucroute, une petite chienne au crâne aplati et au museau plutôt large.  Ces deux caractéristiques ont d’ailleurs fait supposer à Roland, malgré son ignorance relative dans le domaine, qu’il s’agissait d’une quelconque race chinoise.  Ce jour-là de septembre, il y a plus de trois ans, Roland rentrait de son travail en effectuant le trajet tant de fois emprunté auparavant.  Il arpentait la principale rue de son quartier : une longue artère grisâtre et achalandée où automobiles, camions et autobus participent grandement au réchauffement de la planète.  Arrivé au coin habituel, il tourna à droite sur un court segment, simple trait d’union entre la rue principale et celle où se situe sa maison, toujours à droite à environ 20 m du coin.

            Donc à peine Roland s’était-il engagé sur la deuxième portion de ce fer à cheval qu’il vit s’élancer une boule de poils couleur café au lait avec un soupçon de crème.  Sur le coup, il ne réalisa pas que ce matamore de 25 cm fonçait droit sur lui.  Quand Choucroute se fut approchée suffisamment, Roland dut se rendre à l’évidence : il était bel et bien l’objet de ces aboiements carnassiers, de cette folie canine.  Roland feignit d’ignorer ce comportement à tout le moins… animé d’animosité; néanmoins, la charge d’antipathie déployée par ce bas sur pattes constituait en soi une véritable prestation bestiale.  Aussi, lorsque Choucroute, très mécontente, voulut planter ses crocs dans le gras de la jambe de Roland, ce dernier jugea bon de se retourner en esquissant lui-même un mouvement de contre-attaque.  La chienne, surprise, recula de 1 m en jappant plus férocement encore, démontrant ainsi sa ferme intention de ne pas battre en retraite.  Roland plongea ses yeux, révulsés, dans ceux, protubérants, de Choucroute, comme pour l’interroger.  Pourquoi ce sale chien – parce qu’une chienne est avant tout un chien, pour Roland comme pour la plupart des gens – rageait-il tant après lui? Choucroute ne sembla pas apprécier la confrontation; elle revint à la charge en l’attaquant de côté, hurlant de furie.  Ou de peur! pensa Roland.  Il se pencha donc en allongeant le bras, de façon à présenter à Choucroute une main qu’il voulait amicale.  Cependant, la petite bête, qui apparemment n’entendait pas fraterniser avec ce zoomorphe, eut à nouveau un mouvement de recul.  Sur ce, Roland se redressa et se remit en chemin.  Aussitôt qu’il eut fait quelques pas, Choucroute s’élança une fois de plus sur ses talons.  Roland augmenta la cadence; Choucroute n’en fut que plus excédée.  Roland n’appréciait plus du tout la situation.  Il courut, pour ainsi dire, jusque chez lui, la tête tournée vers l’arrière pour éviter de se faire mordre un mollet.  Choucroute ne lâcha jamais sa proie d’une semelle, tâchant à tout moment de la surprendre.  Roland quitta le territoire ennemi; cela n’empêcha pas Choucroute de le pourchasser hors limite.  Il montait l’escalier qu’elle s’égosillait encore au bas des marches comme une déchaînée.  Justement : pourquoi ce diable de chien n’est-il pas enchaîné, se demanda-t-il en regardant de haut Choucroute qui, la démarche conquérante, regagnait maintenant ses quartiers en toute sérénité.  Ainsi s’établit le premier contact entre Roland et Choucroute…

            Si Choucroute n’était pas enchaînée, était libre d’aller où bon lui semblait sur cette portion de rue, pouvait à tous moments décider du droit de passage sur le trottoir qui longeait sa cour non clôturée, c’est que son protecteur, un vieux bourru qui n’affectionnait pas particulièrement Roland, l’entendait bien ainsi.  Une fois, Roland voulut l’entretenir des pratiques antipathiques de Choucroute à son égard.  Lui demander, puisque aucune barrière n’interdisait à son chien l’accès au trottoir, s’il ne serait pas possible de l’attacher.  Mieux! lui faire regagner la maison un peu avant son retour du travail étant donné que celui-ci s’effectuait toujours, à deux minutes près, à la même heure.  Mais il ne se sentit pas compris.  Le vieil aigri émit des réponses évasives, des commentaires saugrenus.  À dire vrai, Choucroute ne lui appartenait pas… enfin… pas tout à fait…  Elle était plutôt la propriété de sa fille – primo, Roland ne lui connaissait pas de fille –, absente du pays pour l’instant – secundo, l’instant s’était depuis converti en années.  Il s’en occupait donc en attendant son retour… éventuel.  Toutefois, si Choucroute agissait ainsi, elle avait assurément une bonne raison.  Avait-il déjà été impatient, voire violent envers elle? Pourquoi s’en prenait-elle à lui, et non aux autres? Roland eut beau affirmer au gardien de Choucroute que, justement, il l’avait déjà surprise à s’attaquer à quelqu’un d’autre, ce dernier persistait dans son entêtement.  Pour tout argument, Roland encaissa ceci : « Pas toujours le même à tous les jours, en tout cas. » Que dire de plus, pensa-t-il.  À la fois froissé et déçu, se trouvant dans l’impossibilité de faire comprendre quoi que ce soit à ce vieux déplaisant, Roland décida alors de mettre fin à cet entretien.  Il avait peut-être franchi 5 m quand il l’entendit lui crier que Choucroute n’était pas un chien mais une chienne.  Roland se contenta de marmonner que c’était bien le seul point instructif qu’il avait retenu de leur discussion.

La démarche entreprise par Roland auprès de son voisin n’avait pas vraiment été enclenchée par la peur de servir de viande fraîche à Choucroute.  Certes, se voir courir après lui chaque jour – ou presque – par un de ces sales canidés aux yeux de batracien le dérangeait au suprême degré, mais sa requête relevait avant tout d’une question de principe.  Il ne pouvait admettre que Choucroute impose sa loi sur le trottoir, impunément.  Encore moins que son maître la lui laisse exercer au détriment du respect humain le plus élémentaire, en parfaite infraction au code des règles de vie auquel souscrivait Roland.  Conséquemment, puisque ce vieil obstiné resterait sur ses positions, Roland devrait s’ingénier à résoudre le problème autrement, par ses propres moyens.  Dût-il se comporter en… chien!

Tout d’abord, Roland étudia les divers itinéraires susceptibles de le mener chez lui, à la barbe de Choucroute, en lui passant littéralement entre les pattes.  Après réflexion, il en ressortait qu’aucun ne contournait le problème.  Tous le conduisaient à cette impasse où l’attendait la sacrée bête.  Faux! En fait, le seul trajet qui aurait pu laisser la voie libre demeurait peu tentant.  Il l’obligerait à marcher une quinzaine de minutes supplémentaires.  Il s’y refusa.  Encore une fois, plus par règle de conduite, par souci de rester honnête avec lui-même que par simple paresse.

Par la suite, Roland envisagea d’apprivoiser Choucroute.  Pourquoi pas? De la sorte, il n’abdiquerait pas ni ne plierait l’échine mais… ruserait.  Chaque soir, en rentrant du bureau, il accorderait quelques façons à cette touffe de poils rebutante.  Peut-être, avec le temps, finirait-il par en faire le « meilleur compagnon de l’homme », l’« ami fidèle »! Malheureusement, Roland eut beau singer la familiarité, faire tout le chichi possible et plein de courbettes, s’abaisser au guili-guili, en un mot se prostituer, Choucroute revendiquait avec une énergie forcenée son trottoir. En certaines occasions, la meilleure attitude que pouvait adopter Roland équivalait à activer le pas, euphémisme pour ne pas dire s’enfuir à toutes jambes.

Ah! bien sûr Roland avait déjà songé à mettre un bon coup de pied sur la truffe de Choucroute.  Rien ne lui aurait procuré autant de plaisir.  Toutefois, l’idée d’engager le combat avec ce petit monstre haut comme trois pommes le contrariait et se trouvait aux antipodes de sa propre perception de lui-même.  Dans des conditions semblables, il aurait accepté l’affrontement avec quiconque se serait targué d’être un homme.  Et ce, malgré sa modeste taille.  Cependant là, avec Choucroute, non… tout de même… fallait conserver une certaine dignité! Aussi, faut-il avouer, Roland avait une raison plus prosaïque de s’astreindre à épargner Choucroute : il se savait surveillé.  Il n’ignorait pas que son crétin de voisin, autrement plus bête que son animal, prenait parfois un malin plaisir à observer le spectacle derrière le store, épiant du même coup ses faits et gestes.  Et pour rien au monde, il n’aurait voulu lui fournir un motif qui puisse excuser à la fois le comportement de sa chienne et sa propre ânerie.

En dépit des embûches, Roland ne se résigna jamais à modifier son parcours ni à employer un autre moyen de locomotion que ses jambes.  Pas question d’utiliser sa voiture.  Il avait tout essayé pour se rapprocher de Choucroute; elle n’avait rien voulu savoir.  D’accord! Parfait! Cependant, il continuerait à la défier, car sa logique lui commandait, bien légitimement, la station debout.  Il devait emprunter ce chemin, ce trottoir pour se rendre chez lui, et il en serait ainsi.  Au mépris de Choucroute.

Le temps passa. Les mois devinrent des années.  Insidieusement, la logique qui, au départ, avait motivé Roland dans son refus de capituler devant Choucroute perdit de vue le principe. Devant l’insuccès rencontré, cette logique se mua en une haine froide.  À la guerre comme à la guerre!  Acculé au pied du mur, Roland considérerait dorénavant Choucroute comme sa bête à abattre.  Finis les guili-guili!

Tel un boxeur qui étudierait le style et les feintes de son adversaire afin de contrer son attaque et éventuellement percer sa défensive, Roland, au fil du temps, observa, consigna, analysa les différents procédés, le modus operandi, la griffe de Choucroute, quoi! À son retour, était-elle toujours aux aguets? D’où s’élançait-elle habituellement? L’apercevait-elle invariablement au même endroit? Combien de secondes mettait-elle à le rejoindre? S’il marchait plutôt dans la rue, en bordure du trottoir, fonçait-elle systématiquement sur lui? Il tenta l’expérience et découvrit que… oui! Choucroute bondissait dès qu’elle pointait les yeux sur lui.  Cette constatation s’avéra décisive dans l’élaboration du stratagème apte à la piéger.

En effet, à l’issue de ce test, Roland se demanda si Choucroute se ruerait sur lui s’il se positionnait devant le dépanneur.  Celui-ci se situait sur l’artère principale, en diagonale du coin où il avait l’habitude de tourner, et occupait le sous-sol d’un immeuble de trois étages.  La toute première question, cruciale : Choucroute le reconnaîtrait-elle à cette distance? Après de multiples essais, il en obtint la conviction.  Depuis son poste de surveillance, elle s’élançait vers lui dès qu’elle l’entrevoyait et coupait en biseau de ses bonds le petit bout de rue jusqu’au coin sans toutefois se risquer à traverser l’avenue.  Là, sur le trottoir d’en face, elle manifestait alors son impuissance et son mécontentement en poussant des aboiements plus rageurs qu’à l’ordinaire, accompagnés de quelques pas de danse dénotant sa grande impatience à vouloir s’exécuter…

Pourtant un jour, Roland réalisa que si la circulation le permettait, Choucroute se jetait aussitôt dans la rue pour fondre sur lui, si j’ose dire, à pattes raccourcies.  Après avoir réitéré l’expérience plusieurs fois, il en tira cette conclusion : Choucroute ne se précipitait à sa rencontre que lorsqu’il avait amorcé son troisième pas, jamais avant.  Pour Roland, il devenait donc évident qu’un jour ou l’autre Choucroute courrait à sa perte.

Aujourd’hui…

L’idée de faire un crochet par le dépanneur pour y acheter un demi-litre de vin rouge dépend évidemment d’une mise en scène minutieuse maintes fois façonnée.  Toutefois, aujourd’hui constitue une première.  Le spectacle doit se jouer intégralement, jusqu’à la toute fin, inéprouvée encore.

La réalité, contrairement à la fiction, injecte dans tout son système un flot d’adrénaline que son imagination n’a pu relativiser lors des répétitions.  Même conscient de tenir le gros bout du bâton, il n’en demeure pas moins très tendu.  Outre les palpitations, une certaine gêne respiratoire oppresse depuis peu sa poitrine.  Et le tremblement de sa main, lorsque celle-ci s’ouvre pour accueillir la monnaie que lui remet le commis, n’est probablement pas étranger à cet état de fait.  Pendant qu’il glisse les quelques pièces dans sa poche droite, il se retourne et se dirige vers la sortie.  Dehors, il monte les trois marches jusqu’au trottoir, sur la bordure duquel il s’immobilise, stressé, mais déterminé plus que jamais.

À cause de la circulation, Choucroute met du temps à repérer Roland.  Ce dernier ne s’énerve pas, cela s’est déjà produit.  Soudain, fidèle à elle-même, Choucroute part comme une flèche.  Elle court si rapidement que ses petites pattes donnent l’impression de ne pas toucher le sol.  Comme si son corps menu ne formait plus qu’une ligne de poils verticale qui fendrait l’air.  Roland se dit qu’elle a sans doute atteint le coin en un temps record.  Entre les autos qui se succèdent, à travers ce défilé de couleurs et de formes, il l’entrevoit par échappées sur le trottoir opposé, qui s’agite d’impatience, qui jappe avec une férocité sans égale, qui écume de rage.

Roland bouge la tête dans les deux directions tel un spectateur qui assisterait à un match de tennis.  Son regard lèche Choucroute à qui, de l’autre côté, il tarde de se jeter dans la mêlée.  L’air de rien, Roland observe le mouvement fluide des voitures.  Fait des calculs.  Évalue.  Anticipe.  Hésite.  Suppute ses chances à nouveau.  À un moment précis, après avoir jeté un très rapide coup d’œil à sa gauche, puis à sa droite, : « Ça y est! Si c’est pas l’auto, c’est le camion. » se dit-il, et il se jette à l’eau en posant le pied droit sur le bitume.

Dès qu’il amorce son troisième pas, l’impénitente Choucroute se rue sur lui avec les pires intentions.  Le chauffeur de l’automobile, voyant bondir Choucroute au milieu de sa travée, freine, pour aussitôt relâcher la pédale en même temps qu’il crampe les roues à gauche.  Le camionneur, voulant à son tour éviter la collision avec la voiture qui surgit dans sa voie, donne par réflexe un coup de volant à droite.  Dans l’instant, Roland constate que, s’il ne s’écarte pas au plus vite, le nez de ce poids lourd va venir le sentir de vraiment trop près.  Malgré cela, Roland, pas assez preste, n’a le temps que de voir le rétroviseur extérieur du camion frappé son bras gauche qu’il porte, dans un geste désespéré, à la hauteur de sa tête.  Ses pieds quittent l’asphalte et son corps voltigeant se renverse presque avec grâce.  Pareil à un trapéziste qui aurait cependant manqué la barre à la fin d’un numéro aérien, son dos s’écrase lourdement – faute de filet – sur la bordure du trottoir.  Là même où, une minute auparavant, il se tenait.  Debout.  Choucroute, au crissement des pneus de l’auto qui s’amenait sur sa gauche, a exécuté un virage à l’équerre sur sa droite.  En ce moment même, elle s’en retourne chez elle, ni vu ni connu.  Oh! sans doute un peu perturbée, mais sur ses quatre pattes.

Les derniers mois se sont révélés difficiles pour Roland.  Si le découragement et la souffrance ont été au menu de tous les jours, la non-acceptation et la haine ont dressé la table.  Installé à un coin d’ombre sur la terrasse, sous le feuillage d’un vieil érable, il ressasse les derniers propos tenus par son médecin : « Vous devez vous calmer! Il faut que cette tension artérielle baisse absolument.  Je vous enjoins de vous reposer, sinon… »

-Sinon quoi? Je vais crever?  C’est ça? Et puis après! Bon débarras! Si vos médicaments restent inefficaces, ma pression artérielle a bien le droit de s’envoyer en l’air. »

Comment le pourrait-il? Cette obsession pour Choucroute altère toutes les fonctions vitales qu’il lui reste.  Comme il y pense constamment, son état de santé demeure catastrophique.  Au physique comme au psychique.  Il ne lui servirait à rien de déménager, cette hantise le suivrait partout.  Son esprit obnubilé se dirige dans la tourmente de la paranoïa, mû par la haine qui active son cœur, qui coule dans ses veines et inonde son cerveau.  Une haine que rien ni personne, semble-t-il, ne peut endiguer.

Par-dessus la balustrade, Roland s’étire le cou pour observer Choucroute qui s’anime autour de la place.  Que ne donnerait-il pas pour pouvoir l’étrangler de ses propres mains? Quiconque déteste à ce point, pense-t-il, devrait avoir le droit et la possibilité, par la seule force de sa pensée, d’atteindre sa cible, de tuer à sa guise.  Comme si cette charge de haine meurtrière que lancent ses yeux alertait l’animal, Choucroute cesse de sillonner la cour et se retourne brusquement.  Elle dresse la tête et détecte la provenance de ces ondes qui lui ont donné le frisson à l’instant.  Elle fixe Roland comme à son accoutumée depuis l’accident, mi-perplexe, mi-curieuse, la tête relevée et légèrement inclinée de côté.  De la terrasse, il apparaît pourtant à Roland que cette sale bête se rit de lui.  Il en est certain, sa gueule esquisse quelque chose comme un sourire.  De plus, il ne l’a pas rêvé, ses yeux proéminents lui lancent maintenant des oeillades.  De par son attitude, il est clair qu’elle s’amuse à ses dépens.  C’en est trop.  Roland se racle la gorge, transpire, surchauffe, bout, finalement jure après elle et lui crache tout son venin.  Choucroute, imperturbable, surveille les agissements de celui qu’elle ne reconnaît plus.  Celui-là même qui l’a tant distraite naguère encore en marchant sur ses plates-bandes.  Cet homme qui ne la divertit plus du tout et qui, aujourd’hui tétraplégique, tente péniblement de regagner son logis à l’aide de son fauteuil roulant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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